Une question revient sur les lèvres de beaucoup de personnes qui me contacte, peut-on ou doit-on pardonner ? et comment pardonner lorsque quelqu’un nous a fait beaucoup de mal ou même a été terriblement cruel ?

Doit-on pardonner ?

accorder le pardonLe pardon ne doit pas être vu comme un devoir, on ne doit pas s’imposer de pardonner, il n’est écrit nulle part que nous « devons » pardonner, personne n’exige rien de nous. La question a se poser est plutôt : est-ce que ma rancoeur m’apporte le bonheur ? M’apporte t-elle satisfaction ? C’est à partir de là que tout commence.

Nous pouvons avoir de bonnes raisons de haïr quelqu’un pour le mal qu’il nous a fait, seulement nous devons nous rendre à l’évidence que ce n’est pas le tort que nous a causé la personne qui crée le plus de souffrance mais bien la peine ou la haine que nous en retirons à son égard, nous ne sommes pas libre de nos émotions, nous en sommes même carrément esclaves.

La question est donc, « n’en ai-je pas assez de souffrir ? Comment puis-je m’en libérer ? La personne qui semblait être la cause de ma souffrance est loin, ne fait plus partie de ma vie, alors quel intérêt de nourrir encore cette rancoeur ?

Sa Sainteté le Dalaï Lama disait que : « C’est celui qui vous a mis en colère qui a gagné » car en effet il n’a fait que nous démontrer combien nous restons vulnérables aux circonstances adverses, que nous ne sommes pas en paix.

Le pardon est un cheminement

Lorsque j’étais enfant j’ai été battu par certains de mes professeurs, car à cette époque les enseignants possédaient un pouvoir considérable auprès des familles pauvres dont je faisais partie et certains pouvaient parfois en abuser.

Dans des conditions terriblement cruelles j’ai été battu devant toute la classe et à plusieurs reprises. Je canalisais difficilement mon agressivité plus tard et il m’a fallu des années pour me libérer de la haine qui me consumait.

J’avais pourtant de bonnes raisons de haïr, mais ce qui me rendait finalement le plus esclave c’était ma propre colère.

Le chemin vers le pardon

Heureusement très jeune je me suis intéressé à la nature humaine, je lisais beaucoup d’ouvrages de psychologie, de spiritualité et de développement personnel. En fréquentant les bouddhistes j’ai mieux compris les mécanismes de l’esprit et j’ai fini par complètement me libérer de ce poids énorme que je portais depuis tant d’années.

Les bouddhistes nous enseignent que si les autres agissent comme ils le font à notre égard c’est parce qu’ils sont sous l’emprise de leur propres obscurcissements mentaux, bref de leurs propres perceptions des autres et de la vie, comme nous le faisons nous-mêmes. Les circonstances de leur vie les ont amené à se forger des idées sur le monde et les autres, perceptions qui se retrouvent dans leurs comportements.

Ce n’est donc pas directement contre nous que sont dirigés leurs actes mais contre l’idée ou la vision qu’ils se font de nous. On appelle cela en psychologie de la projection.

Plus j’étudiais la nature humaine, plus je méditais sur ces aspects, plus cela devenait clair pour moi, je n’étais plus une victime et eux n’étaient plus mes bourreaux, je n’ai été que l’objet de leur projection.

C’est à la suite d’un long cheminement personnel que j’ai pu pardonner et lâcher prise de toute cette souffrance inutile et quelle joie, quel bonheur au bout de ce chemin car en plus d’être libéré j’étais devenu plus fort, moins vulnérable aux situations adverses.

Ces personnes loin d’avoir fait de moi une victime m’avaient au contraire permis de m’élever.

Pardonner à l'autrePardonner n’est pas excuser

Le pardon ne veut en aucun cas dire que nous excusons l’attitude des autres à notre égard mais que nous sommes capables de dissocier l’individu de ses pensées et de ses actes. Cela ne veut en aucun cas dire « je te pardonne et tu peux continuer à faire ce que tu veux ». cela veut dire que nous sommes en mesure de comprendre et sûrement pas de subir.

L’ingrédient indispensable pour pardonner

Le respect envers soi-même. Paradoxalement il manque cruellement à nos sociétés individualistes, nous ne savons pas prendre soin de nous dans le sens altruiste du terme. Nous sommes très préoccupés de nous-mêmes, de l’image que nous donnons aux autres pourtant nous sommes souvent incapables d’avoir un sincère et profond respect envers la nature humaine que nous incarnons.

Si nous avions davantage de respect envers nous-mêmes nous serions suffisamment armés pour ne pas accepter les mauvais sorts que nous jettent les autres, nous ne serions plus des victimes, nous ne subirions plus leurs mauvais traitements qu’ils soient physiques ou psychologiques. Personne ne serait capable de nous rendre esclave ni de ses caprices, ni de son autoritarisme. Nous devons apprendre à être fiers de ce que nous incarnons en tant qu’être humain.

C’est lorsque justement nous ne subissons plus, lorsque nous avons suffisamment de respect envers nous-mêmes que nous sommes devenus assez forts pour pardonner.

On ne peut véritablement aimer les autres et inversement recevoir d’eux si nous ne nous ne nous aimons pas mous-mêmes. C’est la base des relations heureuses.

Comment apprendre à s’aimer ? En commençant à prendre soin de soi, en devenant un ami pour soi-même.

livre de Bruno Lallement

Par Bruno Lallement formateur en développement personnel,

Auteur du livre sur la confiance en soi
"je sais que vous pouvez réussir"

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